Mairie de Caylus
Place de la Mairie
82160 Caylus
tl: 05.63.67.06.17
contact

Accueil /Tourisme - Patrimoine / Histoire de Caylus / Caylus au moyen âge


Le château de Caylus apparaît pour la première fois dans l’histoire au XIIe siècle. Il fut donné en pleine propriété et droit d’alleu le 1er Avril 1176 par Armand et Bertrand de Montpezat et par Bertrand de Villemur leur beau-frère à Raymond V comte de Toulouse en échange des villes de Montpezat et de Montclar, que le comte leur bailla en fief.

Ensuite le comte Raymond VI le légua avec le château de Bruniquel à son fils naturel Bertrand par son testament du 20 septembre 1209. Cependant ce legs ne paraît pas avoir été exécuté car dans les actes de mariage de Bertrand avec Contoresse de Rabastens, en date de décembre 1224, le comte Raymond VII son frère, lui donna Bruniquel, Montclar et Salvagnac mais il ne fut pas question du château de Caylus.

En effet Jeanne de Toulouse le recueillit dans la succession de son père et elle le légua à Sicard d’Alarman, en vue de son mariage avec Gailharde, fille de Bertrand, vicomte de Bruniquel, par testament du 23 juin 1270, que Philippe le Hardi considéra comme non avenu en se mettant en possession de tous les pays ayant appartenu à Raymond VII et à sa fille, et qui fut annulé en l274 par le Parlement du Paris, au préjudice de Philippe de Lomagne son héritier.

Dès lors Caylus fit partie du domaine de la couronne et le roi Philippe le Bel dans ses lettres déclara qu’il n’en serait jamais soustrait. Cependant pendant quelques temps des seigneurs particuliers possédèrent des droits sur la juridiction, et des fiefs seigneuriaux dans le château même de Caylus. Ainsi Raymond et Pons Athon, fils de feu Pons Athon chevalier, reconnurent en mai 1259 à Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse plusieurs de ces fiefs et la moitié de Bournac, Guillaume Athon dit de Bournac de la même famille est qualifié co-seigneur de Caylus dans un acte de cession consenti le 5 août 1393 devant Armand de Trilha, notaire, par Marquis de Bérail seigneur de Paulhac à Jean de Narcés recteur de St-Martin d’Espiémont.

Geoffroy de Pons fut privé de tous les droits qu’il avait sur la juridiction de Caylus et notamment de la propriété des fourches patibulaires en vertu d’un arrêt rendu au mois d’avril 1309 par le Parlement de Paris, pour avoir donné asile dans le château dit de Caylus à deux bannis du Roi. A la suite d’un différend existant depuis longtemps entre les consuls de Caylus et le bailly royal car cette ville était chef-lieu d’un bailliage depuis 1256, les commissaires du roi, chargés de la réformation de domaine dans le Quercy rendirent le 8 mars 1327 un arrêt dans lequel furent déterminés les droits que les consuls et les habitants auraient à l’avenir. Il résulte de cet arrêt auquel on donnait le titre de "Privilèges de Caylus" que les habitants étaient très peu nombreux et qu’ils n’avaient encore ni les ressources ni toute l’industrie qu’ils eurent plus tard.

Par suite de la cession du Quercy faite par le roi Jean II le 8 mai 1360 à l’Angleterre (Traité de Brétigny) Jean Chaudes lieutenant général d’Edouard III prit possession le 26 janvier 1362 de la ville de Caylus qui lui fut remise par Giraud de Joly, commissaire du roi de France et par les consuls Raimond Petit, Jehan del Perier et Peire de Meilho, mais cette ville secoua le joug des Anglais en l369 et depuis lors resta toujours française.

Néanmoins, le Roi Louis XI, oubliant sa fidélité, viola ouvertement l’engagement qui avait été pris en 1303 par Philippe le Bel, en 1342 par Philippe de Valois, en 1307 par Charles V, en 1403 par Charles VI et en 1442 par Charles VII de ne jamais séparer Caylus de la couronne en concédant tous les droits seigneuriaux qu’il y possédait en 1479 au Bailly d’Orban et en 1481 à Pierre de Joigne, sire de Blasimont, son chambellan, mais après avoir reçu de vives protestations de la part des habitants il révoqua dans la même année la cession faite à ce dernier et les consuls rentrèrent dans la pleine possession de leurs privilèges qui leur donnaient des libertés très grandes puisqu’ils avaient la justice civile et criminelle comprenant même le droit de prononcer la peine de mort.

Cependant François Ier ayant repris les droits primitifs de la couronne et fait mettre en vente la justice et la châtellerie, les consuls les rachetèrent en 1537 moyennant 225 livres et ils exercèrent de nouveau les fonctions de bailli royal de la châtellerie jusqu’à ce que le roi Henri II les fit adjuger en 1552 par Pierre de Bertrand, abbé de Grandselve et Pierre Martres, lieutenant général en la sénéchaussée de Quercy, ses commissaires en faveur de Brenguier de Masa seigneur de Saillacet de Gélibert de Cajarc seigneur des Gailhagues. Les habitants se rachetèrent encore avant 1597, époque à laquelle eut lieu une nouvelle vente suivie de rachat par les consuls mais cette fois moyennant la somme de 1000 écus. Les aliénations du domaine du roi se succédèrent ainsi pendant les règnes suivants à des époques plus ou moins rapprochées. C’était un moyen détourné de taxer les communautés ou villes royales qui préféraient toujours s’imposer les plus lourds sacrifices ou désagréments de subir parfois les exigences parfois exorbitantes d’un seigneur particulier.

Cependant, le parlement de Toulouse, par un arrêt du 20 février 1610, décida que la justice serait exercée et rendue aux habitants de la ville et juridiction de Caylus, savoir Ez-causes civiles par le juge ordinaire de Quercy et de Montauban et ez-causes criminelles, tant par ledit juge que par les consuls, par prévention. Cette décision qui atteignait les habitants de Caylus dans la prérogative la plus importante de leurs consuls fut définitivement consacrée par un édit du roi Louis XIII en date du mois de novembre 1620. Ceux-ci rachetèrent il est vrai le 5 janvier 1640 la justice haute, moyenne et basse de leur ville et du lieu d’Espinas moyennant 3360 livres, mais ils furent obligés de la restituer le 21 août 1670 au domaine royal moyennant le remboursement d’une somme de 2400 livres.

Bien plus, le roi, malgré leurs instantes réclamations aliéna vers 1720 une partie de sa directe en faveur de Joseph, Antoine de Gauléjac et rétablit au mois d’août 1723 la charge de gouverneur de la ville dont le même seigneur fut pourvu en 1724. Dès lors il ne resta plus rien des vieilles libertés de Caylus. La première châtellerie du Quercy où les états de la province se réunissaient à des époques périodiques où le sénéchal de Montauban avait été transféré en 1587 et en 1628 perdit l’importance qu’elle avait eu pendant près de trois siècles et retomba dans la médiocrité primitive.

Caylus qui au XIIIè siècle ne s’était pas laissée séduire par les doctrines des Albigeois se montra plus tard non moins opposée à celles de Calvin. Le protestantisme s’y introduisit cependant et y fut prêché publiquement le 19 février 1562 par le ministre Etienne Noailhan mais il n’y prit pas des racines profondes. Les habitants défendirent au contraire la cause catholique jusqu’ à la fin des guerres de religion (1629) avec une ardeur qui ne se démentit jamais. Il y eut notamment pendant ce temps, entre eux et la population calviniste de St-Antonin une lutte acharnée que les traités politiques ou de labourage ne réussiront pas toujours à interrompre et qui dans les premières guerres se prolongea pendant quatre ans encore après l’entrée d’Henri IV à Paris.